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Le diaphragme dans notre accordage psycho-corporel

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Le diaphragme dans notre accordage psycho corporel

Ou comment travailler le lien entre son corps et ses pensées.

Le diaphragme est un muscle, au centre de notre motif corporel.

Dans le travail corporel, accorder de l’attention au muscle diaphragmatique permet de remonter à la source de bien des tensions physiques :

Douleurs de dos,  fragilités lombaires, asymétries posturales, restriction de la mobilité du bassin, organe mal positionné (notamment utérus rétroversé), hernie hiatale, cambrure excessive, nuque bloquée, enroulement des épaules en avant …

Mais aussi d’états intérieurs inconfortables :

Oppressions autour du cœur,  gorge serrée, mâchoire crispée,  yeux tendus ou douloureux, migraines,  respiration limitée,  voix faible et fatigantes, sentiment de ne pas être dans son corps, sentiment d’anxiété latente …

Aussi, découvrir ce muscle à travers une approche sensible et précise à la fois, me semble être un préalable fantastique pour toute personne qui s’investit dans une pratique qui engage le corps : que ce soit du sport, de la méditation, de la danse, un instrument de musique, le chant etc… Ou ‘juste’ pour vivre pleinement, tout simplement !

Étrangement, et certainement parce que le corps se réajuste au plus profond de lui-même, l’accordage diaphragmatique nous rend plus adroit et habile quoi qu’on touche !

Nos capacités neuromotrices retrouvent leur plein potentiel, notre geste devient plus spontané, fluide, assuré, le corps est plus souple, nos réflexes sont vifs et nos pensées plus claires et efficaces.

C’est une belle expérience à faire pour ressentir concrètement le lien entre mon corps et ma pensée :

Quand mon corps retrouve son souffle intérieur, libéré des tensions emprisonnantes alors je pense mieux, je pense clair, je pense joie, je pense avec limpidité, et ce qui pouvait sembler relever de conflits psychologiques… n’est plus là…!

*illustration crée par Émeline Courcelle extraite de la formation Gyn’écologie Holistique : les bases

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Comment je me suis formée à l’accordage diaphragmatique psycho-corporel :

– Auprès de Kar Fung WU de 1993 à 1997 à Paris.
Kar Fung WU transmet l’ enseignement qu’elle a reçu dans les temples en Chine. Comme le veut sa tradition, son enseignement est global et part d’abord du corps par le biais de pratiques énergétiques corporelles intensives, menant à une profonde expérience intérieure. Ensuite viennent les connaissances en médecine traditionnelle, puis l’étude des textes sacrés.
La base de sa pratique corporelle est centré sur l’accordage diaphragmatique énergétique.

– Auprès de Yvette CLOUET de 1998 à 2001 à Marseille.
Yvette Clouet à fait le pont entre orient et occident. Voyant que nos corps d’occidentaux n’en sont pas au même point que les corps des orientaux, elle a voulu comprendre avec précision ce qu’est la respiration physiologique. Ses recherches en ostéopathie, anatomie, eutonie, méthode Mezière et gymnastique douce sont venues éclairées sa longue pratique du Yoga. Elle a développé une pédagogie corporelle perceptive du diaphragme, une approche totalement novatrice, à la fois extrêmement précise -qui s’appuie sur l’anatomie vivante- et sensorielle, qui met en jeu l’écoute fine dans des exercices basé sur l’état de détente et d’intériorité.

– Auprès de Claire LARONDE de  2002 à 2005 à Issy-les-Moulineaux, Conservatoire Niedermeyer.
Claire Laronde, danseuse et professeur, a développé une méthode de Danse et thérapie du mouvement, qui relie sa grande expérience en  danse contemporaine-impro-contact avec la méthode  Danis Bois -le mouvement thérapeutique-  et l’étude du processus en art-thérapie.
Ces années d’étude auprès de Claire Laronde m’ont permis de mieux comprendre le pourquoi des effets psychiques déclenchés par le travail du corps. La compréhension de ce processus d’accordage psycho-corporel a été important dans l’évolution de ma pédagogie.

Pour en savoir plus sur le rôle du diaphragme au sein du système psycho corporel :

Derrière le mot “danse”

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Derrière le mot "danse"

Qu’est-ce que la danse a à voir avec nos formations en santé des femmes ?

« Ne sentez-vous pas que la danse est l’acte des métamorphoses ? » Paul Valéry

 

J’aime bien cette petite phrase de Paul Valery ! L’impression qu’elle est aurait pu être mienne, à un moment de ma vie !

Et je ressens les échos de ces mots vibrer en moi, d’autant plus fort en vieillissant, que mon parcours de vie personnelle m’a fait connaitre l’expérience paradoxale et si douloureuse, de me sentir déconnectée de mon corps, à plusieurs reprises. 

On danse véritablement quand notre geste prend naissance tout au fond de nous, en un lieu si vrai, si profond et si global qu’il semble que l’univers est en soi.

La danse est avant tout acte de présence, intensité de présence. Et le mouvement naît de là.

La danse n’est donc pas nécessairement chorégraphie. En fait la danse existe en nous, avant et au-delà d’une organisation chorégraphique du mouvement et du geste. 
Notre matière est vivante. Cette vivance est mouvement. Un mouvement qu’on pourrait dire « fondamental ». De même nature que le mouvement de fond qui anime la Terre, les eaux, la croissance végétale, le déplacement des planètes etc.

L’expérience dansée rejoint en cela la pensée développée par les alchimistes au cours des siècles, qu’on retrouve en partie dans la science quantique moderne, qui dit que ce qui est en haut est comme ce qui est en bas et qu’on retrouve dans l’infiniment petit l’exact miroir du fonctionnement de l’infiniment grand, et réciproquement.

Ce mouvement « fondamental » organise la matière. 


C’est ce qui fait que d’une minuscule graine est sorti ce tilleul immense et majestueux qui trône dans le jardin de mon voisin de gauche. Que de la rencontre d’un spermatozoide et d’un ovocyte va sortir une personne toute entière. C’est cette organisation en mouvement qui est la cause du miracle de vie que nous avons sous les yeux à chaque instant, jusque dans les plus petits détails. Le mouvement fondamental organise la matière vivante, la fait se développer, évoluer -de métamorphoses en métamorphoses- selon les lois architecturales naturelles.

Et celles-ci sous-tendent le potentiel vital, la santé, l’énergie et la joie de vivre.

C’est cette notion de justesse architecturale naturelle que j’ai en tête quand je vous parle de posture, de geste ou de respiration physiologique. 

C’est le cœur de tout travail corporel digne de ce nom que de stimuler la prise de conscience de nos distorsions physiologiques et de mettre en œuvre des chantiers de restauration pour tendre à nouveau vers notre magnificence architecturale de base.

On ne peut travailler à ce chantier avec pour moteur l’autorité du mental sur le corps. Ça ne peut pas fonctionner.

Seule la matière vivante sait comment s’y prendre pour retrouver les rouages du mouvement fondamental qui l’ont fait se développer, avant que surviennent les distorsions.

C’est là que se situe la danse. Il s’agit de retrouvailles.
La danse est cette qualité de relation à soi-même, ce dialogue intérieur proprioceptif, qui nous permet d’entrer dans nos chantiers de restauration et de préservation physiologique, avec écoute, empathie, lâcher-prise, persévérance, nuances, observation, profondeur.

Ce qui me fait dire aujourd’hui, non pas que la danse est l’acte des métamorphoses, mais qu’elle est acte de présence à la métamorphose permanente du vivant en nous.



Par cet acte de présence, régulièrement répété dans nos quotidiens, nous créons la place, l’espace, la disponibilité nécessaire à l’auto-réajustement physiologique qui lui-même enclenche le fabuleux potentiel d’auto-régénération du vivant.

 Parce que nous changeons tous les jours, nous avons besoin de nous donner le temps de nous rejoindre nous-même dans ce présent neuf. Qui change et continuera de changer à chaque instant, tout le temps.

Pour aller plus loin : Écoutez/visionnez « Les Bulles » de notre chaine YouTube, particulièrement 
- La Bulle #4 « La conscience de soi par le corps » 
- et La Bulle #8 « L’accordage du tonus musculaire » – que vous trouverez ci-dessous.

Mon parcours sous forme de pierres de gués :

  • Sur ma route j’ai rencontré le travail de Danis Bois, qui a si bien su cartographier ce territoire du “mouvement interne”, et créer des chemins d’accès pour le rendre concret à tous les corps même ceux, très raides et sclérosés, qui ont été très abimés.
  • C’est auprès de la danseuse et chorégraphe Claire Laronde que j’ai réintégré la sensorialité du “mouvement interne” dans ma pratique de danse et aussi auprès d’elle que je me suis formée à la danse-thérapie, croisement entre les danses perceptives – la méthode Danis BOIS – l’art-thérapie.
  • Auprès du danseur et chorégraphe Emmanuel Grivet j’ai davantage exploré la notion d’écriture improvisée.

 

Ce furent plusieurs et magnifiques années de réappropriation profonde des bio-rythmes dans mon corps. Cela m’a permis de revivifier, revisiter et relier les magnifiques enseignements reçus plus tôt dans ma vie :

  • en danse auprès de Yvonne Berge que j’ai connu lorsqu’elle était déjà très âgée.  Yvonne a été l’une des élèves directe d’Isadora Duncan. Même à son âge elle nous accompagnait encore au piano et n’avait rien perdu de son immense charisme qui nous donnait l’impression qu’Isadora était là, lui chuchotant ses mots à son oreille !
  • en Yoga « habiter son corps » auprès d’Yvette Clouet à Marseille. Yvette est une chercheuse et une pédagogue extraordinaire, elle a livré entre autre un travail remarquable et totalement avant-gardiste sur le muscle diaphragmatique.
  • en Qi Gong et pratiques énergétiques de la Médecine Traditionnelle Chinoise, ainsi que l’étude des textes sacrés avec KarFung WU. Un Indescriptible voyage aux racines touchant à l’universel et au sacré de tous les peuples.
  • avec Alexandro Jodorowsky. Plusieurs années à Paris à suivre l’enseignement oral et expérientiel de cet homme inclassable. C’est par lui que j’ai intégré à ma vie la pratique des rituels et de la symbolique qu’il appelle l’« acte psychomagique ».

« Votre corps est l’expression même de votre vie, sa métaphore de base. »

Gabrielle Roth

 

Marie.

 

Nous et notre souffle

Nous et notre souffle

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Nous et notre souffle

Le temps passe et point ne m'en lasse !

Le travail sur le souffle me semble toujours plus crucial, toujours plus essentiel.

Je l’aborde à travers l’assouplissement du diaphragme bien sûr.

Mais aussi de tout le réseau de muscles, d’aponévroses et ligaments auquel il appartient. Ainsi nous nous défaisons peu à peu du carcan postural qui nous enferme, nous limite et nous rattrape au moindre stress. Je l’aborde aussi à travers le mouvement sensoriel et le mouvement énergétique qui vont subtilement réaccorder notre souffle à l’ensemble de notre corps -matière et corps-psychisme.

Les conséquences -heureuses- de la libération de notre souffle naturel sur notre être tout entier sont nombreuses.

Je ne vais pas lister, c’est trop fastidieux, mais exprimer ce que je ressens et constate sur moi et sur ceux et celles que j’accompagne en stages ou en individuel.

Quand le muscle de la respiration -le diaphragme – se détend, que le dos se fait souple pour accueillir le ventre, que le mouvement des côtes n’est plus contraint :

– Le cœur s’apaise et un sentiment de douceur se diffuse dans la poitrine,  là où tout était si serré, peut-être même oppressé.

– Entre les côtes qui se soulèvent et s’abaissent au rythme du Souffle,  l’espace est chaleureux et semble pouvoir se dilater à l’infini, comme un sourire offert au monde.

– Le ventre n’apparaît plus trop mou ou trop étroit, trop inerte ou trop tendu. Il est le centre puissant d’où naissent mouvements et  déplacements. La voix en émerge comme d’une caisse de résonance. Le son remonte en d’agréables vibrations dans le bassin, la colonne et le sternum.

Nous sommes confiants et ouverts, forts et doux.

Et nous (re)trouvons alors des “états de corps” qui nous permettent de vivre dans notre matière le rayonnement du Plexus Solaire et la force de l’Ancrage. Nous les éprouvons.

C’est une réalité corporelle, qui crée une disposition intérieure. Un état de corps qui fait éclore une manière d’être à soi et une manière d’être au monde.

Ce n’est pas un luxe de se donner du temps pour détendre notre diaphragme.

C’est une nécessité pour nous donner la possibilité de revenir à notre vraie posture physiologique,  ce qui est la même chose que revenir à qui nous sommes vraiment.
Les tensions, en nous contraignant de manière répétées et prolongées, nous déforment. Nous avons besoin d’inclure dans nos vies des temps de pratique pour nous en libérer.

Je suis convaincue qu’une telle approche, adaptée, est vitale pour les enfants et devrait leur être proposée à l’école et à la maison. Évidemment, on en est loin dans la réalité !

Alors commençons déjà par pratiquer pour nous-mêmes,  les bénéfices en seront déjà très grands, y compris pour nos proches.

 

Marie.

*illustration crée par Lola Draloug, extraite de la formation Gyn’écologie Holistique : les bases

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Par césarienne

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Par césarienne

Je me souviendrai toute ma vie de ce moment. Je donnais la vie pour la première fois. J’avais 30 ans.

Ça ne se passait pas en salle d’accouchement.

Allongée sur la table du bloc je me sentais planante.

Effets de l’anesthésie locale + morphine. Un rideau bleu, devant moi, à hauteur de ma taille. De l’autre côté de ce rideau, un chirurgien et mon obstétricien. Un rideau bleu. De la lumière bleue. Et ses grands yeux bleus, à elle. Et ses mains chaudes qui enveloppent les miennes.

Elle, c’est ma sage femme.

Elle sait tout de l’histoire de cette grossesse. La surprise d’attendre non pas un mais deux bébés, le projet de naissance à domicile auquel il a fallu renoncer, puis l’annonce d’une césarienne quand il fût clair que les foetus resteraient bien calés, têtes en haut. Alors elle est là, à mes côtés, de toute sa présence de femme et de mère, qui comprend dans sa propre chair.

Elle me quitte quelques secondes pour déposer sur mon coeur mon petit garçon tout humide.

« Comment s’appelle-t-il ? »

«  Joshua. C’est Joshua. Bonjour mon bébé chéri. »

Elle l’emmène vite au chaud hors du bloc. Je respire, j’aspire la trace de ce bébé sur ma peau. Et soudain elle crie joyeusement « c’est une fille ! » Un tout petit corps tout rond est emmené à mes lèvres, le temps d’un baiser, et vite hors de la pièce.

« Ambre. C’est Ambre. A tout à l’heure ma toute petite. »

Quand mes doigts passent sur ma cicatrice en me savonnant sous la douche, c’est cette histoire que je me raconte à nouveau. La beauté de cette histoire. La profondeur de son regard. L’acceptation à laquelle j’ai pu accéder. La sérénité pleine, ronde, délicate, de ce moment. La confiance dont je me sentais remplie envers la vie, envers les médecins, envers mon corps. Dans mon souvenir, il me semble même percevoir une petite musique, alors que, c’est sûr, il n’y en avait pas ! Pourtant.. du violoncelle… Bon ça c’est peut être le double effet kiss cool de la morphine !!!

Je n’ai pas toujours pu me raconter cette version là de l’histoire. 

Il y a eu des périodes où j’ai été submergée par la fatigue et par les douleurs et alors les souvenirs de tout ce qui avait été triste, éprouvant, inquiétant, sacrifié, se donnaient la main et dansaient une sorte de sarabande tragique et sombre dans ma tête.

Ma cicatrice est l’endroit où mon corps conserve l’accès à toute cette histoire. Avec le temps, patiemment, j’ai appris à l’apprivoiser. Elle, la cicatrice, avec ses tissus abîmés et traumatisés. Et avec elle, tous les souvenirs de peine auxquels mon système nerveux systématiquement s’attachait, s’identifiait.

Mes pratiques d’auto-massage, de mouvement et de perception corporelle liées au journal d’écriture personnel ont été d’inestimables alliés. Tant pour rééquilibrer mon corps que pour ré- harmoniser mon psychisme. Les deux sont toujours liés. Ce qui est formidable à éprouver ! Et qui nous offre tant d’ accès pour interagir avec nous-même, prendre soin de nous, avancer, évoluer.

Je souhaiterais terminer ce récit en vous partageant un poème que j’ai écrit :

Mon ventre est …

Douce colline au paysage de mes hanches
Matin de printemps
Piquant désir,
Mon ventre est une serpente
Ondoyante et souple,
D’où la tendresse pourtant s’écoule
En flux de nacre et d’eau sucré

Ma peau ici s’étire à l’infini
Comme le drap que l’on ramène sur soi
Elle s’est allongée – pour envelopper les petits – blottis tous en moi

De cette extension de mon espace
J’aime suivre la trace
Douce colline – Tendres renoncements

Mon ventre est une colline
Au paysage de mes hanches
Illuminé d’un sourire
Poudré comme une Lune blanche

Ma peau flétrie qui s’étire jusqu’à l’infini
Est l’humble rose en moi
Au bouton tiède et fertile
Qui a pâlit pour donner Vie

Mon ventre est le silence
L’obscurité
Le refondement de toute vérité
L’origine
L’humus sacré.

 

Marie.