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Derrière le mot "danse"

Qu’est-ce que la danse a à voir avec nos formations en santé des femmes ?

« Ne sentez-vous pas que la danse est l’acte des métamorphoses ? » Paul Valéry

 

J’aime bien cette petite phrase de Paul Valery ! L’impression qu’elle est aurait pu être mienne, à un moment de ma vie !

Et je ressens les échos de ces mots vibrer en moi, d’autant plus fort en vieillissant, que mon parcours de vie personnelle m’a fait connaitre l’expérience paradoxale et si douloureuse, de me sentir déconnectée de mon corps, à plusieurs reprises. 

On danse véritablement quand notre geste prend naissance tout au fond de nous, en un lieu si vrai, si profond et si global qu’il semble que l’univers est en soi.

La danse est avant tout acte de présence, intensité de présence. Et le mouvement naît de là.

La danse n’est donc pas nécessairement chorégraphie. En fait la danse existe en nous, avant et au-delà d’une organisation chorégraphique du mouvement et du geste. 
Notre matière est vivante. Cette vivance est mouvement. Un mouvement qu’on pourrait dire « fondamental ». De même nature que le mouvement de fond qui anime la Terre, les eaux, la croissance végétale, le déplacement des planètes etc.

L’expérience dansée rejoint en cela la pensée développée par les alchimistes au cours des siècles, qu’on retrouve en partie dans la science quantique moderne, qui dit que ce qui est en haut est comme ce qui est en bas et qu’on retrouve dans l’infiniment petit l’exact miroir du fonctionnement de l’infiniment grand, et réciproquement.

Ce mouvement « fondamental » organise la matière. 


C’est ce qui fait que d’une minuscule graine est sorti ce tilleul immense et majestueux qui trône dans le jardin de mon voisin de gauche. Que de la rencontre d’un spermatozoide et d’un ovocyte va sortir une personne toute entière. C’est cette organisation en mouvement qui est la cause du miracle de vie que nous avons sous les yeux à chaque instant, jusque dans les plus petits détails. Le mouvement fondamental organise la matière vivante, la fait se développer, évoluer -de métamorphoses en métamorphoses- selon les lois architecturales naturelles.

Et celles-ci sous-tendent le potentiel vital, la santé, l’énergie et la joie de vivre.

C’est cette notion de justesse architecturale naturelle que j’ai en tête quand je vous parle de posture, de geste ou de respiration physiologique. 

C’est le cœur de tout travail corporel digne de ce nom que de stimuler la prise de conscience de nos distorsions physiologiques et de mettre en œuvre des chantiers de restauration pour tendre à nouveau vers notre magnificence architecturale de base.

On ne peut travailler à ce chantier avec pour moteur l’autorité du mental sur le corps. Ça ne peut pas fonctionner.

Seule la matière vivante sait comment s’y prendre pour retrouver les rouages du mouvement fondamental qui l’ont fait se développer, avant que surviennent les distorsions.

C’est là que se situe la danse. Il s’agit de retrouvailles.
La danse est cette qualité de relation à soi-même, ce dialogue intérieur proprioceptif, qui nous permet d’entrer dans nos chantiers de restauration et de préservation physiologique, avec écoute, empathie, lâcher-prise, persévérance, nuances, observation, profondeur.

Ce qui me fait dire aujourd’hui, non pas que la danse est l’acte des métamorphoses, mais qu’elle est acte de présence à la métamorphose permanente du vivant en nous.



Par cet acte de présence, régulièrement répété dans nos quotidiens, nous créons la place, l’espace, la disponibilité nécessaire à l’auto-réajustement physiologique qui lui-même enclenche le fabuleux potentiel d’auto-régénération du vivant.

 Parce que nous changeons tous les jours, nous avons besoin de nous donner le temps de nous rejoindre nous-même dans ce présent neuf. Qui change et continuera de changer à chaque instant, tout le temps.

Pour aller plus loin : Écoutez/visionnez « Les Bulles » de notre chaine YouTube, particulièrement 
- La Bulle #4 « La conscience de soi par le corps » 
- et La Bulle #8 « L’accordage du tonus musculaire » – que vous trouverez ci-dessous.

Mon parcours sous forme de pierres de gués :

  • Sur ma route j’ai rencontré le travail de Danis Bois, qui a si bien su cartographier ce territoire du “mouvement interne”, et créer des chemins d’accès pour le rendre concret à tous les corps même ceux, très raides et sclérosés, qui ont été très abimés.
  • C’est auprès de la danseuse et chorégraphe Claire Laronde que j’ai réintégré la sensorialité du “mouvement interne” dans ma pratique de danse et aussi auprès d’elle que je me suis formée à la danse-thérapie, croisement entre les danses perceptives – la méthode Danis BOIS – l’art-thérapie.
  • Auprès du danseur et chorégraphe Emmanuel Grivet j’ai davantage exploré la notion d’écriture improvisée.

 

Ce furent plusieurs et magnifiques années de réappropriation profonde des bio-rythmes dans mon corps. Cela m’a permis de revivifier, revisiter et relier les magnifiques enseignements reçus plus tôt dans ma vie :

  • en danse auprès de Yvonne Berge que j’ai connu lorsqu’elle était déjà très âgée.  Yvonne a été l’une des élèves directe d’Isadora Duncan. Même à son âge elle nous accompagnait encore au piano et n’avait rien perdu de son immense charisme qui nous donnait l’impression qu’Isadora était là, lui chuchotant ses mots à son oreille !
  • en Yoga « habiter son corps » auprès d’Yvette Clouet à Marseille. Yvette est une chercheuse et une pédagogue extraordinaire, elle a livré entre autre un travail remarquable et totalement avant-gardiste sur le muscle diaphragmatique.
  • en Qi Gong et pratiques énergétiques de la Médecine Traditionnelle Chinoise, ainsi que l’étude des textes sacrés avec KarFung WU. Un Indescriptible voyage aux racines touchant à l’universel et au sacré de tous les peuples.
  • avec Alexandro Jodorowsky. Plusieurs années à Paris à suivre l’enseignement oral et expérientiel de cet homme inclassable. C’est par lui que j’ai intégré à ma vie la pratique des rituels et de la symbolique qu’il appelle l’« acte psychomagique ».

« Votre corps est l’expression même de votre vie, sa métaphore de base. »

Gabrielle Roth

 

Marie.

 

Marie Pénélope Péres

Author Marie Pénélope Péres

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