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Marie Pénélope Péres

Le diaphragme dans notre accordage psycho-corporel

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Le diaphragme dans notre accordage psycho corporel

Ou comment travailler le lien entre son corps et ses pensées.

Le diaphragme est un muscle, au centre de notre motif corporel.

Dans le travail corporel, accorder de l’attention au muscle diaphragmatique permet de remonter à la source de bien des tensions physiques :

Douleurs de dos,  fragilités lombaires, asymétries posturales, restriction de la mobilité du bassin, organe mal positionné (notamment utérus rétroversé), hernie hiatale, cambrure excessive, nuque bloquée, enroulement des épaules en avant …

Mais aussi d’états intérieurs inconfortables :

Oppressions autour du cœur,  gorge serrée, mâchoire crispée,  yeux tendus ou douloureux, migraines,  respiration limitée,  voix faible et fatigantes, sentiment de ne pas être dans son corps, sentiment d’anxiété latente …

Aussi, découvrir ce muscle à travers une approche sensible et précise à la fois, me semble être un préalable fantastique pour toute personne qui s’investit dans une pratique qui engage le corps : que ce soit du sport, de la méditation, de la danse, un instrument de musique, le chant etc… Ou ‘juste’ pour vivre pleinement, tout simplement !

Étrangement, et certainement parce que le corps se réajuste au plus profond de lui-même, l’accordage diaphragmatique nous rend plus adroit et habile quoi qu’on touche !

Nos capacités neuromotrices retrouvent leur plein potentiel, notre geste devient plus spontané, fluide, assuré, le corps est plus souple, nos réflexes sont vifs et nos pensées plus claires et efficaces.

C’est une belle expérience à faire pour ressentir concrètement le lien entre mon corps et ma pensée :

Quand mon corps retrouve son souffle intérieur, libéré des tensions emprisonnantes alors je pense mieux, je pense clair, je pense joie, je pense avec limpidité, et ce qui pouvait sembler relever de conflits psychologiques… n’est plus là…!

*illustration crée par Émeline Courcelle extraite de la formation Gyn’écologie Holistique : les bases

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Comment je me suis formée à l’accordage diaphragmatique psycho-corporel :

– Auprès de Kar Fung WU de 1993 à 1997 à Paris.
Kar Fung WU transmet l’ enseignement qu’elle a reçu dans les temples en Chine. Comme le veut sa tradition, son enseignement est global et part d’abord du corps par le biais de pratiques énergétiques corporelles intensives, menant à une profonde expérience intérieure. Ensuite viennent les connaissances en médecine traditionnelle, puis l’étude des textes sacrés.
La base de sa pratique corporelle est centré sur l’accordage diaphragmatique énergétique.

– Auprès de Yvette CLOUET de 1998 à 2001 à Marseille.
Yvette Clouet à fait le pont entre orient et occident. Voyant que nos corps d’occidentaux n’en sont pas au même point que les corps des orientaux, elle a voulu comprendre avec précision ce qu’est la respiration physiologique. Ses recherches en ostéopathie, anatomie, eutonie, méthode Mezière et gymnastique douce sont venues éclairées sa longue pratique du Yoga. Elle a développé une pédagogie corporelle perceptive du diaphragme, une approche totalement novatrice, à la fois extrêmement précise -qui s’appuie sur l’anatomie vivante- et sensorielle, qui met en jeu l’écoute fine dans des exercices basé sur l’état de détente et d’intériorité.

– Auprès de Claire LARONDE de  2002 à 2005 à Issy-les-Moulineaux, Conservatoire Niedermeyer.
Claire Laronde, danseuse et professeur, a développé une méthode de Danse et thérapie du mouvement, qui relie sa grande expérience en  danse contemporaine-impro-contact avec la méthode  Danis Bois -le mouvement thérapeutique-  et l’étude du processus en art-thérapie.
Ces années d’étude auprès de Claire Laronde m’ont permis de mieux comprendre le pourquoi des effets psychiques déclenchés par le travail du corps. La compréhension de ce processus d’accordage psycho-corporel a été important dans l’évolution de ma pédagogie.

Pour en savoir plus sur le rôle du diaphragme au sein du système psycho corporel :

Derrière le mot “danse”

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Derrière le mot "danse"

Qu’est-ce que la danse a à voir avec nos formations en santé des femmes ?

« Ne sentez-vous pas que la danse est l’acte des métamorphoses ? » Paul Valéry

 

J’aime bien cette petite phrase de Paul Valery ! L’impression qu’elle est aurait pu être mienne, à un moment de ma vie !

Et je ressens les échos de ces mots vibrer en moi, d’autant plus fort en vieillissant, que mon parcours de vie personnelle m’a fait connaitre l’expérience paradoxale et si douloureuse, de me sentir déconnectée de mon corps, à plusieurs reprises. 

On danse véritablement quand notre geste prend naissance tout au fond de nous, en un lieu si vrai, si profond et si global qu’il semble que l’univers est en soi.

La danse est avant tout acte de présence, intensité de présence. Et le mouvement naît de là.

La danse n’est donc pas nécessairement chorégraphie. En fait la danse existe en nous, avant et au-delà d’une organisation chorégraphique du mouvement et du geste. 
Notre matière est vivante. Cette vivance est mouvement. Un mouvement qu’on pourrait dire « fondamental ». De même nature que le mouvement de fond qui anime la Terre, les eaux, la croissance végétale, le déplacement des planètes etc.

L’expérience dansée rejoint en cela la pensée développée par les alchimistes au cours des siècles, qu’on retrouve en partie dans la science quantique moderne, qui dit que ce qui est en haut est comme ce qui est en bas et qu’on retrouve dans l’infiniment petit l’exact miroir du fonctionnement de l’infiniment grand, et réciproquement.

Ce mouvement « fondamental » organise la matière. 


C’est ce qui fait que d’une minuscule graine est sorti ce tilleul immense et majestueux qui trône dans le jardin de mon voisin de gauche. Que de la rencontre d’un spermatozoide et d’un ovocyte va sortir une personne toute entière. C’est cette organisation en mouvement qui est la cause du miracle de vie que nous avons sous les yeux à chaque instant, jusque dans les plus petits détails. Le mouvement fondamental organise la matière vivante, la fait se développer, évoluer -de métamorphoses en métamorphoses- selon les lois architecturales naturelles.

Et celles-ci sous-tendent le potentiel vital, la santé, l’énergie et la joie de vivre.

C’est cette notion de justesse architecturale naturelle que j’ai en tête quand je vous parle de posture, de geste ou de respiration physiologique. 

C’est le cœur de tout travail corporel digne de ce nom que de stimuler la prise de conscience de nos distorsions physiologiques et de mettre en œuvre des chantiers de restauration pour tendre à nouveau vers notre magnificence architecturale de base.

On ne peut travailler à ce chantier avec pour moteur l’autorité du mental sur le corps. Ça ne peut pas fonctionner.

Seule la matière vivante sait comment s’y prendre pour retrouver les rouages du mouvement fondamental qui l’ont fait se développer, avant que surviennent les distorsions.

C’est là que se situe la danse. Il s’agit de retrouvailles.
La danse est cette qualité de relation à soi-même, ce dialogue intérieur proprioceptif, qui nous permet d’entrer dans nos chantiers de restauration et de préservation physiologique, avec écoute, empathie, lâcher-prise, persévérance, nuances, observation, profondeur.

Ce qui me fait dire aujourd’hui, non pas que la danse est l’acte des métamorphoses, mais qu’elle est acte de présence à la métamorphose permanente du vivant en nous.



Par cet acte de présence, régulièrement répété dans nos quotidiens, nous créons la place, l’espace, la disponibilité nécessaire à l’auto-réajustement physiologique qui lui-même enclenche le fabuleux potentiel d’auto-régénération du vivant.

 Parce que nous changeons tous les jours, nous avons besoin de nous donner le temps de nous rejoindre nous-même dans ce présent neuf. Qui change et continuera de changer à chaque instant, tout le temps.

Pour aller plus loin : Écoutez/visionnez « Les Bulles » de notre chaine YouTube, particulièrement 
- La Bulle #4 « La conscience de soi par le corps » 
- et La Bulle #8 « L’accordage du tonus musculaire » – que vous trouverez ci-dessous.

Mon parcours sous forme de pierres de gués :

  • Sur ma route j’ai rencontré le travail de Danis Bois, qui a si bien su cartographier ce territoire du “mouvement interne”, et créer des chemins d’accès pour le rendre concret à tous les corps même ceux, très raides et sclérosés, qui ont été très abimés.
  • C’est auprès de la danseuse et chorégraphe Claire Laronde que j’ai réintégré la sensorialité du “mouvement interne” dans ma pratique de danse et aussi auprès d’elle que je me suis formée à la danse-thérapie, croisement entre les danses perceptives – la méthode Danis BOIS – l’art-thérapie.
  • Auprès du danseur et chorégraphe Emmanuel Grivet j’ai davantage exploré la notion d’écriture improvisée.

 

Ce furent plusieurs et magnifiques années de réappropriation profonde des bio-rythmes dans mon corps. Cela m’a permis de revivifier, revisiter et relier les magnifiques enseignements reçus plus tôt dans ma vie :

  • en danse auprès de Yvonne Berge que j’ai connu lorsqu’elle était déjà très âgée.  Yvonne a été l’une des élèves directe d’Isadora Duncan. Même à son âge elle nous accompagnait encore au piano et n’avait rien perdu de son immense charisme qui nous donnait l’impression qu’Isadora était là, lui chuchotant ses mots à son oreille !
  • en Yoga « habiter son corps » auprès d’Yvette Clouet à Marseille. Yvette est une chercheuse et une pédagogue extraordinaire, elle a livré entre autre un travail remarquable et totalement avant-gardiste sur le muscle diaphragmatique.
  • en Qi Gong et pratiques énergétiques de la Médecine Traditionnelle Chinoise, ainsi que l’étude des textes sacrés avec KarFung WU. Un Indescriptible voyage aux racines touchant à l’universel et au sacré de tous les peuples.
  • avec Alexandro Jodorowsky. Plusieurs années à Paris à suivre l’enseignement oral et expérientiel de cet homme inclassable. C’est par lui que j’ai intégré à ma vie la pratique des rituels et de la symbolique qu’il appelle l’« acte psychomagique ».

« Votre corps est l’expression même de votre vie, sa métaphore de base. »

Gabrielle Roth

 

Marie.

 

Nous et notre souffle

Nous et notre souffle

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Nous et notre souffle

Le temps passe et point ne m'en lasse !

Le travail sur le souffle me semble toujours plus crucial, toujours plus essentiel.

Je l’aborde à travers l’assouplissement du diaphragme bien sûr.

Mais aussi de tout le réseau de muscles, d’aponévroses et ligaments auquel il appartient. Ainsi nous nous défaisons peu à peu du carcan postural qui nous enferme, nous limite et nous rattrape au moindre stress. Je l’aborde aussi à travers le mouvement sensoriel et le mouvement énergétique qui vont subtilement réaccorder notre souffle à l’ensemble de notre corps -matière et corps-psychisme.

Les conséquences -heureuses- de la libération de notre souffle naturel sur notre être tout entier sont nombreuses.

Je ne vais pas lister, c’est trop fastidieux, mais exprimer ce que je ressens et constate sur moi et sur ceux et celles que j’accompagne en stages ou en individuel.

Quand le muscle de la respiration -le diaphragme – se détend, que le dos se fait souple pour accueillir le ventre, que le mouvement des côtes n’est plus contraint :

– Le cœur s’apaise et un sentiment de douceur se diffuse dans la poitrine,  là où tout était si serré, peut-être même oppressé.

– Entre les côtes qui se soulèvent et s’abaissent au rythme du Souffle,  l’espace est chaleureux et semble pouvoir se dilater à l’infini, comme un sourire offert au monde.

– Le ventre n’apparaît plus trop mou ou trop étroit, trop inerte ou trop tendu. Il est le centre puissant d’où naissent mouvements et  déplacements. La voix en émerge comme d’une caisse de résonance. Le son remonte en d’agréables vibrations dans le bassin, la colonne et le sternum.

Nous sommes confiants et ouverts, forts et doux.

Et nous (re)trouvons alors des “états de corps” qui nous permettent de vivre dans notre matière le rayonnement du Plexus Solaire et la force de l’Ancrage. Nous les éprouvons.

C’est une réalité corporelle, qui crée une disposition intérieure. Un état de corps qui fait éclore une manière d’être à soi et une manière d’être au monde.

Ce n’est pas un luxe de se donner du temps pour détendre notre diaphragme.

C’est une nécessité pour nous donner la possibilité de revenir à notre vraie posture physiologique,  ce qui est la même chose que revenir à qui nous sommes vraiment.
Les tensions, en nous contraignant de manière répétées et prolongées, nous déforment. Nous avons besoin d’inclure dans nos vies des temps de pratique pour nous en libérer.

Je suis convaincue qu’une telle approche, adaptée, est vitale pour les enfants et devrait leur être proposée à l’école et à la maison. Évidemment, on en est loin dans la réalité !

Alors commençons déjà par pratiquer pour nous-mêmes,  les bénéfices en seront déjà très grands, y compris pour nos proches.

 

Marie.

*illustration crée par Lola Draloug, extraite de la formation Gyn’écologie Holistique : les bases

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Par césarienne

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Par césarienne

Je me souviendrai toute ma vie de ce moment. Je donnais la vie pour la première fois. J’avais 30 ans.

Ça ne se passait pas en salle d’accouchement.

Allongée sur la table du bloc je me sentais planante.

Effets de l’anesthésie locale + morphine. Un rideau bleu, devant moi, à hauteur de ma taille. De l’autre côté de ce rideau, un chirurgien et mon obstétricien. Un rideau bleu. De la lumière bleue. Et ses grands yeux bleus, à elle. Et ses mains chaudes qui enveloppent les miennes.

Elle, c’est ma sage femme.

Elle sait tout de l’histoire de cette grossesse. La surprise d’attendre non pas un mais deux bébés, le projet de naissance à domicile auquel il a fallu renoncer, puis l’annonce d’une césarienne quand il fût clair que les foetus resteraient bien calés, têtes en haut. Alors elle est là, à mes côtés, de toute sa présence de femme et de mère, qui comprend dans sa propre chair.

Elle me quitte quelques secondes pour déposer sur mon coeur mon petit garçon tout humide.

« Comment s’appelle-t-il ? »

«  Joshua. C’est Joshua. Bonjour mon bébé chéri. »

Elle l’emmène vite au chaud hors du bloc. Je respire, j’aspire la trace de ce bébé sur ma peau. Et soudain elle crie joyeusement « c’est une fille ! » Un tout petit corps tout rond est emmené à mes lèvres, le temps d’un baiser, et vite hors de la pièce.

« Ambre. C’est Ambre. A tout à l’heure ma toute petite. »

Quand mes doigts passent sur ma cicatrice en me savonnant sous la douche, c’est cette histoire que je me raconte à nouveau. La beauté de cette histoire. La profondeur de son regard. L’acceptation à laquelle j’ai pu accéder. La sérénité pleine, ronde, délicate, de ce moment. La confiance dont je me sentais remplie envers la vie, envers les médecins, envers mon corps. Dans mon souvenir, il me semble même percevoir une petite musique, alors que, c’est sûr, il n’y en avait pas ! Pourtant.. du violoncelle… Bon ça c’est peut être le double effet kiss cool de la morphine !!!

Je n’ai pas toujours pu me raconter cette version là de l’histoire. 

Il y a eu des périodes où j’ai été submergée par la fatigue et par les douleurs et alors les souvenirs de tout ce qui avait été triste, éprouvant, inquiétant, sacrifié, se donnaient la main et dansaient une sorte de sarabande tragique et sombre dans ma tête.

Ma cicatrice est l’endroit où mon corps conserve l’accès à toute cette histoire. Avec le temps, patiemment, j’ai appris à l’apprivoiser. Elle, la cicatrice, avec ses tissus abîmés et traumatisés. Et avec elle, tous les souvenirs de peine auxquels mon système nerveux systématiquement s’attachait, s’identifiait.

Mes pratiques d’auto-massage, de mouvement et de perception corporelle liées au journal d’écriture personnel ont été d’inestimables alliés. Tant pour rééquilibrer mon corps que pour ré- harmoniser mon psychisme. Les deux sont toujours liés. Ce qui est formidable à éprouver ! Et qui nous offre tant d’ accès pour interagir avec nous-même, prendre soin de nous, avancer, évoluer.

Je souhaiterais terminer ce récit en vous partageant un poème que j’ai écrit :

Mon ventre est …

Douce colline au paysage de mes hanches
Matin de printemps
Piquant désir,
Mon ventre est une serpente
Ondoyante et souple,
D’où la tendresse pourtant s’écoule
En flux de nacre et d’eau sucré

Ma peau ici s’étire à l’infini
Comme le drap que l’on ramène sur soi
Elle s’est allongée – pour envelopper les petits – blottis tous en moi

De cette extension de mon espace
J’aime suivre la trace
Douce colline – Tendres renoncements

Mon ventre est une colline
Au paysage de mes hanches
Illuminé d’un sourire
Poudré comme une Lune blanche

Ma peau flétrie qui s’étire jusqu’à l’infini
Est l’humble rose en moi
Au bouton tiède et fertile
Qui a pâlit pour donner Vie

Mon ventre est le silence
L’obscurité
Le refondement de toute vérité
L’origine
L’humus sacré.

 

Marie.

Qu’est-ce que c’est ?

By Témoignage No Comments

Qu’est-ce que la danse contraceptive ?

by Marie-Pénélope Peres

 

Cette semaine, je vous parle de ma pratique de Danse contraceptive.

Ma pratique en tant qu’enseignante de cette méthode, ma pratique telle qu’elle s’est forgée à travers mon parcours.

Oui, vous avez bien lu ! J’associe le mot contraception au mot danse ! C’est incongru, je le reconnais, en tous cas à première vue ! Je vais vous expliquer de quoi il s’agit concrètement. Et pour cela, une question : avez-vous souvenir d’avoir entendu parler de la méthode Aviva Steiner ?

Qu’est-ce donc que cette « méthode Aviva Steiner » ?

Rien de moins que des mouvements pouvant  déclencher les menstruations → C’est-à-dire, des mouvements capables de servir de contraception !

Oui, c’est incroyable, mais c’est bien réel !

Aviva Steiner, d’origine Hongroise vivant en Israël, était danseuse, professeure de yoga, kiné. A travers ses nombreux voyages de par le monde, elle a repéré un mouvement qui était commun à toutes les danses dites ˝de fertilité˝. Elle a travaillé pendant des années autour de ce mouvement, jusqu’à se rendre compte que sa pratique avait des effets sur son cycle menstruel. A partir de là elle a cherché à tester les effets de ce mouvement sur des groupes de femmes, d’âges et de milieux différents.

Parmi de nombreux résultats confirmant ses intuitions, une expérience auprès d’un groupe de femmes en maison de retraite fût particulièrement étonnant : certaines lui annoncèrent fièrement qu’elles avaient à nouveau été menstruées ! Aviva s’est alors entourée d’une équipe (gynécologues, praticiens de médecine traditionnelle chinoise, kiné, praticiens de yoga, de gymnastique, médecins), afin de codifier une séquence de mouvements contraceptifs. Cette séquence de mouvement a été reconnue par l’OMS comme, je cite « une série de mouvements permettant à la femme de déclencher ses règles selon sa volonté ». Aviva s’est rendue partout dans le monde pour transmettre ces mouvements. Elle a donné de nombreuses conférences et mené quantité de stages. De nombreux gynécologues ont été interpellés par cette découverte et ont participé à ses stages.

L’état d’esprit était à l’ouverture, c’était les années 60 ! Les mouvements féministes secouaient la vieille société, un vent de liberté soufflait sur les mœurs des citoyens occidentaux, les pratiques yogiques et méditatives faisaient leur entrée, la psychanalyse mettait des mots sur la sexualité,  et…

La pilule contraceptive fût ! Et Aviva et ses mouvements retournèrent dans l’ombre…

Mais peut-être avez-vous entendu parler de la méthode Aviva Steiner dans une optique différente, davantage orientée santé gynécologique ?

En effet, les ambassadrices de la méthode d’Aviva en Europe l’ont surtout transmis dans une visée de santé féminine. (Adelaide Ohlig et son livre Luna Yoga. Elle a formé un grand nombre de praticiennes du Luna Yoga)

Effectivement, ces mouvements ont de nombreuses vertus. En France ils sont finalement plus connus pour leur capacité à réguler le cycle, à faire disparaitre les SPM, à diminuer les inconforts liés à la ménopause, à stimuler les ovulations, à traiter les endométrioses, les fibromes, ovaires polykystiques (entre autres).

Mais ATTENTION ! Si le mouvement de base reste le même, ne confondez pas méthode Aviva pour la santé et méthode Aviva pour la contraception, la pratique est différente !

Il y a actuellement une grosse confusion à ce sujet !

Là, je vous parle bien de la méthode contraceptive.

La méthode que je vous transmets dans ce stage est l’alchimie de la méthode Aviva Steiner (dans son protocole contraceptif, donc !), que j’explore depuis plus de vingt ans, avec mon approche holistique de la gynécologie. Voici, dans les grandes lignes, le contenu de ce stage :

  • Je vous apprends à pratiquer la séquence contraceptive complète codifiée par Aviva.
  • Le protocole d’apprentissage sur 6 mois chez vous à la suite du stage
  • Je vous explique comment tout cela fonctionne : comment notre corps déclenche les règles, comment marche ces mouvements, ce qui peut bloquer le processus, qu’est-ce qui est à l’œuvre au niveau psy, le cadre et les limites de la méthode.
  • Je vous transmets des outils complémentaires pour préparer et/ou renforcer la danse contraceptive : points abortifs/ points relaxants /  plantes emménagogues.
  • Nous mettrons des mots sur la complexité du vécu féminin face au désir d’enfant.
  • Nous parlerons de notre relation personnelle à la contraception et à l’avortement, et de la relation de la société avec la sexualité féminine.

Faire venir soi-même ses règles en bougeant son corps est une expérience indescriptible !

Je ne saurai vous la raconter par des mots écrits.

Ce que je peux vous dire, c’est qu’en faire l’expérience a été un total bouleversement. Dépassant  ma personne, mon histoire personnelle. Un séisme remuant jusqu’à la part du collectif en moi. Des tremblements faisant se briser de vieilles grosses chaines, de celles qui ont si bien entravé la vie quotidienne des femmes de nos lignées…  Car en fait, NON, notre corps ne nous veut pas esclaves ni dépendantes ! Et OUI, Notre corps peut être notre intime allié, jusque dans ce domaine !

J’ai reçu ces mouvements dans de bonnes conditions d’apprentissage, car c’est l’une des enseignantes que je considère comme mon  Maître  qui me les a transmis, de femme à femme, comme une confidence intime, où l’attention peut se focaliser sur l’exactitude des mouvements et le ressenti intérieur.

Mais, curieuse insatiable, j’ai eu à cœur de remonter au plus près de la Source. Ne pouvant me rendre en Israël où résidait Aviva, je me suis inscrite au stage donné à Paris par Réuma Cohen, l’une des personnalités entourant Aviva, ayant collaboré à la codification de la séquence de mouvements.

Et là, grosse surprise, sous forme de grosse déception : un stage de 2 heures, prix exorbitant, une trentaine de stagiaires, enseignement en anglais vaguement traduit, aucune pédagogie du mouvement, la pratique ressemblait à un exercice militaire … Et je me revois dans le vestiaire, donnant sur des bouts de papier des références de livres pédagogiques pour apprendre la symptothermie à des femmes en larmes, ayant déjà plusieurs enfants, qui se rendaient compte que tout cela ne leur serait d’aucune utilité, trop difficile, inaccessible.

Je bouillais devant ce gâchis.

Ce jour-là, j’ai déposé dans mon cœur le vœu de transmettre ces mouvements avec humanité et pédagogie et en faisant toujours de mon mieux pour guider les femmes vers leur propre autonomie, ce qui passe d’abord et immanquablement par : connaître et comprendre comment fonctionne son propre corps.

Eh bien je peux vous dire qu’il m’aura fait parcourir un sacré chemin, ce vœu !

Car pour y répondre avec cohérence il m’aura fallu décortiquer le fonctionnement du cycle menstruel, (et  au passage découvrir à quel point notre médecine allopathique ignore presque tout de ce qu’est un cycle menstruel équilibré ! ) , élaborer des quantités d’exercices pour développer la perception de notre sexe féminin – qui est si interne-  comprendre le système physiologique et énergétique des organes (sans quoi on ne peut pas comprendre le fonctionnement de l’utérus), et pousser bien des portes d’autres domaines, comme celui des archétypes féminins, qui s’est révélé si porteur pour rééquilibrer notre relation à notre sexe, à notre corps, à notre être de femmes.

Parallèlement, dans ma vie privée, j’ai eu maintes et maintes occasions d’explorer et d’utiliser cette pratique en tant que contraception. Dans toutes sortes de circonstances, parfois radieuses, parfois loufoques, parfois considérablement incohérentes et difficiles. Je veux dire par là dans des conditions réelles de vie !  Je crois que je peux dire honnêtement que j’en ai éprouvé la puissance et les limites.

Oui, il y a des limites. Sa puissance bien réelle ne peut agir que dans un cadre, certaines conditions intérieures et extérieures sont requises.

La danse contraceptive n’est pas une panacée – elle est très exigeante-  elle nous demande engagement, auto-observation et  entrainement.

Pour toutes ces raisons, “Danse contraceptive” est réservé à celles qui, connaissant déjà bien le fonctionnement de leur cycle, peuvent et veulent aller encore plus loin.

Marie Pénélope Péres devant une table avec des bols remplis d'argile blanche, verte, de poudre de rose et de rhassoul

Nos racines de sorcières – 2/3

By Témoignage No Comments

NOS RACINES DE SORCIERES 

2/3

Dans un précédent article, je vous ai parlé de la césure qui s’est opérée entre la pratique médicinale ancestrale des femmes d’un côté et la médecine académique naissante de l’autre. En effet,  l’accès aux études de médecine étant interdit aux femmes, toutes celles qui pratiquaient alors la médecine ancienne se retrouvèrent dans l’illégalité, exposées à la chasse aux sorcières.

Qui sont ces femmes qui utilisaient les « simples* » jusque-là ?

Le contexte est celui d’un peuple majoritairement paysan.

Ce peuple a le nez dans la terre et dans tout ce qui y pousse, tout ce qui y vit. Les clôtures n’existent pas encore autour des demeures, la terre est perçue comme un bien commun et ce peuple en extrait chaque jour de quoi assurer la vie et la survie. En plus des plantations, de l’élevage et du potager, leurs mains affairées ne s’arrêtent jamais de glaner, ramasser, récupérer. Les bois aux abords des hameaux et des villages sont parfaitement entretenus car la moindre brindille de bois mort est une ressource. Les écorces, les feuillages, les baies, les champignons, les racines, graines, glands, fleurs et fruits font intégralement partie de la vie domestique, que ce soit pour se nourrir, se vêtir, confectionner des ustensiles, des outils, se laver, brosser les toisons… et, bien évidemment se soigner.

Chaque femme, en tant que gardienne du foyer, est détentrice de recettes à base de « simples », transmises de famille en famille, pour prendre soin des siens.

Panier en osier rempli de baies

Elle connait les plantes qui poussent au pied de sa porte et sait en faire des remèdes de base pour soigner maux et blessures. Elle intègre quotidiennement herbes et racinages revigorants aux soupes qu’elle confectionne et au pain qu’elle cuit, qui forment l’essentiel des repas quotidiens.
Etre autonome, dans ces temps reculés, est une condition fondamentale à la survie, dans ce contexte, à peu près toutes les femmes du peuple cueillent et utilisent quotidiennement des « simples ».

Et puis il y a celle qu’on va chercher quand les remèdes domestiques ne suffisent plus.

tresse de d'aubépine

Elle, c’est la Sage-femme. Entendons-le dans le sens de l’époque, la femme Sage. Ses connaissances sont larges car, auprès d’autres femmes expérimentées elle a appris les gestes, les remèdes, les plantes et reçu tout ce que les femmes-sages se transmettent depuis des millénaires au sujet de la Vie et de la Mort. Elle a fait de l’art du soin le centre de sa vie et se déplace avec ses herbes médicinales auprès de ceux, celles, qui sont alités, leur prodiguant les soins médicinaux et les veillant autant que nécessaire. On se rend chez elle pour des conseils, lui montrer une blessure, s’assurer que le petit pousse bien, on envoie les enfants l’assister lors des périodes de cueillettes, on troque et on lui rend des services en échange de ses soins… elle fait partie intégrante de la communauté.

Elle est un pilier dans la vie des femmes qui trouvent auprès d’elle un soutient fondamental pour traverser les turpitudes, les naissances et les morts de leurs existences de mères et de femmes.

Si elle entoure l’enfantement de tous ses soins, qu’elle soutient de ses potions celle qui n’arrive pas à concevoir, elle instruit aussi du fonctionnement de son corps celle qui veut limiter ses grossesses, fournit des plantes anticonceptionnelles, et dans certains cas, pratique l’avortement.

La plupart de toutes ces femmes –ainsi que ces hommes du peuple- sont illettrées.

Elles ne lisent donc ni la bible ni aucun livre, mais vivent en bonne entente avec les saints, les symboles et les images qui ornent les églises. Elles ont intégré le christianisme à leur vie quotidienne de façon simple, trouvant une multitude d’analogies parlantes avec le fond encore très païen de leurs visions pragmatiques de la vie.
Aussi durant tous les siècles précédents, ce n’est pas contre ces paysannes occupées à survivre que l’Eglise eût matière à affrontement. Elle avait jusque-là bien d‘autres chats à fouetter…
Mais l’Ordre des médecins, fraîchement établit, va lui fournir des arguments pour braquer la grande Inquisition sur ces petites femmes soignantes.

Pour l’Ordre des médecins, rejoint par l’ordre inquisiteur de l’Eglise*, ces femmes sont ennemies

Chat à la fenêtre
La Fontaine de Beleveau
Rayon de soleil dans un jardin qui éclaire une spirale au sol

Elles portent atteinte à leur autorité, car le peuple à bien plus confiance en elles qu’en tout autre. Casser leur pouvoir ancestral se fera alors de deux manières, premièrement en les éliminant de leur tissu social, deuxièmement en anéantissant leur crédibilité auprès du peuple. Ad Vitam Aeternam.

On rédigea un manuel de l’inquisiteur, le Malleus Maleficarium*, qui allait, durant plusieurs siècles, servir ce vaste projet. L’argument de choc, qui vise dans un premier temps à les soustraire au monde, figure dès la première page, dès la première ligne, le voici :

« Nul n’a fait plus de tort à la foi catholique que les Sages-femmes : elles calment les douleurs de l’accouchement alors que celles-ci sont une punition de Dieu pour le pêcher d’Eve ; elles vont à l’encontre de la volonté divine en pratiquant le contrôle des naissances et l’avortement. »
La suite du manuel soumet la femme à toute une série de questions, entrecoupées de séries de tortures, visant à établir sa relation avec le diable et son statut de sorcière. Les réponses étant elles aussi déjà écrites, l’issue du procès ne fait aucun doute.

La terreur et la manipulation engendrant son lot de délation, de nombreuses personnes, y compris des enfants, périrent en même temps qu’elles, sur les bûchers.*

L’autre nom pour Malleus Maleficarium est le marteau des sorcières. J’aime bien en retourner le sens, et dire que c’est le marteau avec lequel on a fait entrer l’idée de la sorcière dans la tête des gens !

Il faut dire que c’était une idée de génie, qui a très bien fonctionnée ! Dans un prochain article je vous parlerai des éléments de la pratique ancestrale des femmes qui ont été détournés pour créer le personnage de la vilaine sorcière.

On peut imaginer combien le traumatisme fût puissant.
En quelques générations de tortures, de terreur et de bûchers, ces transmissions féminines vieilles de plusieurs milliers d’années furent déracinées du quotidien.
On y a tous beaucoup perdu.

Les femmes, en première ligne, y ont perdu ce quelque chose d’indicible, de si fondamental, que je nommerai leur souveraineté, à défaut d’un terme plus juste. J’entends par là, la souveraineté sur leurs organes génitaux, la souveraineté sur leur ventre, sur leur sexualité. La souveraineté non pas sur autrui mais sur soi-même.

Sans ce sentiment naturel de souveraineté, au centre de soi, nous devenons dépendantes. Affectivement, socialement et spirituellement dépendantes. Alors – et j’en reviens au point de départ du premier article – nous attendons qu’on nous donne la permission. La permission d’utiliser les plantes médicinales, la permission de se soigner soi-même, la permission d’enseigner, la permission d’enfanter à quatre pattes, la permission d’accoucher chez soi, la permission de crier, la permission de gérer soi-même sa contraception, la permission d’avorter, la permission de dire oui, la permission de dire non. Nous attendons d’avoir un diplôme, d’avoir une validation extérieure, d’avoir l’assentiment de nos pairs, de notre mari, de nos parents, du juge, du prêtre, du gourou, du maitre spirituel, du prof, du médecin.

Mais tout au fond de nous nous le savons, la seule permission dont on ait besoin, en vrai, c’est la nôtre. Et sa source se trouve toujours au même endroit, malgré l’oubli. Dans notre ventre !

Marie

Références

*(1) Les simples ou simples médecines, était le nom donné durant le Moyen-Age aux plantes médicinales.

*(2) En réalité le Vatican a assez rapidement émis des doutes sur le bien-fondé de la chasse aux sorcières. Ce sont les inquisiteurs eux-mêmes qui en ont pris l’initiative et l’ont menée à bien.

*(3) Le Malleus Maleficarium a été rédigé et édité en 1486, par deux dominicains allemands (Henrich Kramer et Jacob Sprenger).
Mis à l’index assez rapidement par l’église catholique. Néanmoins son succès fût grand auprès des catholiques et des protestants qui menaient la chasse aux sorcières, il fût largement utilisé par les inquisiteurs et maintes fois réédité.

*(4) la plupart mourraient durant les séances de tortures. Certaines moururent en prison, souvent empoisonnées. D’autres devinrent errantes, tous leurs biens confisqués, bannies de leurs villages. Nombreuses furent brûlées vives. (Les chiffres varient selon les sources, on estime à plusieurs milliers, sur environ 4 siècles)
Il est important de comprendre que la chasse aux sorcières a été lucrative, qu’elle a générée une économie, comme une entreprise.

Lectures conseillées

Sorcières, Sages-femmes & infirmières. Barbara Ehrenreich, Deidre English, éditions Cambourakis.
Femmes qui courent avec les loups. Clarissa Pinkola Estes.
Devenez amie avec votre ventre. Lisa Sarasohn. Editions Le courrier du livre.
Rêver L’obscur, Femmes, magie et politique. Starhawk. Editions Cambourakis.
La femme Shakti. Vicki Noble. Editions Véga.
Le trèfle de vie. Susun S Weed. Editions Mamamélis.
Une sorcière des temps moderne. Rina Nissim. Editions Mamamélis.
Les secrets de la sexualité féminine. Maitrayi D. Piontek. Editions Le courrier du livre.

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Les mains de Marion attrapent deux bols d'argile blanche et de poudre de rose

Nos racines de sorcières 1/3

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Nos racines de sorcières

Marie Pénélope Péres devant une table avec des bols remplis d'argile blanche, verte, de poudre de rose et de rhassoul

Je suis partisane d’une réappropriation de l’usage des plantes médicinales en mode sorcière !

Dans cette démarche, que je ne suis pas la seule à avoir adoptée, l’apprentissage se passe par :

Le faire ensemble, l’oralité et l’usage dans la vie quotidienne.

Tout en cueillant, tout en fabriquant, tout en essayant les remèdes pour solutionner des maux du quotidien, mine de rien, nous nous exposons à de vraies réflexions sur ces plantes que nous avons entre les mains.

A travers l’expérimentation, nous apprenons à tenir compte de notre corps, des signaux qu’il émet, de son langage. Nous aiguisons notre capacité à observer et à ressentir. Nous déduisons des choses et les comparons à d’autres expériences. Nous écoutons les résultats partagés par d’autres personnes. Nous cherchons à améliorer un remède ou une façon de procéder. Nous laissons de côté ce qui visiblement ne fonctionne pas pour nous. Les énigmes que nous rencontrons nous poussent à la recherche d’information. Parfois alors notre quête prendra mille détours ! Et nous voilà parties à fouiller dans l'herboristerie, l’anatomie, la biologie du corps humain, la botanique et parfois même l’ethnobotanique, le symbolisme ou l’anthropologie… Bref, finalement, un véritable voyage au cœur des connaissances acquises au fil des générations, sur l’humain et le monde dans lequel -et grâce auquel- nous vivons !

C’est une démarche d’investigation, qui prend sa source dans l’expérience, l’observation. La théorie vient après, si elle est nécessaire, quand elle est nécessaire.

A mon sens, c’est d’ailleurs la base de la démarche scientifique ! Cette façon de faire, empirique, a fait totalement partie de la vie des femmes pendant des millénaires, jusqu'à la renaissance, moment où ont été fondées les premières universités de médecines, réservées exclusivement aux hommes.

C’est à partir de ce moment qu’un gouffre s’est ouvert entre la pratique médicinale des femmes et la médecine académique.

Moment charnière dans notre Histoire, l’interdiction faite aux femmes à utiliser et soigner avec les plantes médicinales a été un puissant levier qui a autorisé et facilité l'expansion de la chasse aux sorcières, lui donnant une forme de légalité sociale qui dépassa largement la cause religieuse. La pratique empirique, accumulée par des générations et des générations de femmes, transmise oralement dans les cuisines et chantée à travers les champs pendant des millénaires, s’est tue, au pied des bûchers. Les universitaires et les médecins en ont compilées les bases fondamentales dans des livres, écrits et signés par eux. S’attribuant telle ou telle recette pratiquée depuis la nuit des temps par celles qui les ont portés, nourris et soignés. Jamais il ne sera fait mention de leurs sources. En revanche, encore aujourd’hui, en 2018, la médecine académique –par l’intermédiaire de certains médecins- continue d’intimider les femmes et de les rendre vulnérables. Ce gouffre, ouvert il y a plusieurs siècles, ne s’est pas tout à fait refermé. Trop d’inconscience collective demeure encore. Et il me semble que c’est loin d’être anodin, si c’est particulièrement dans le domaine de la gynécologie et de l'obstétrique que l’on peut constater tant de gestes médicaux violents, intrusifs, inutiles, où le dénis, le mépris et l'humiliation sont monnaie courante...

Je suis donc partisane d’une herboristerie en mode sorcière, qui replace l’expérience au cœur de son savoir. Et j’encourage toutes les femmes qui en ressentent l’envie dans leurs entrailles à oser suivre leur élan :

C’est un élan de vie, de réappropriation d’un vaste territoire féminin instinctif, et, certainement, de guérison de l’inconscient collectif.

*Image non contractuelle

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