Le cou : sommeil, digestion et états d’être

“C’est un peu étrange quand même !
Ça voudrait dire par exemple, que si mon cou est raide, je pourrais avoir des troubles digestifs, comme des ballonnements ou des reflux gastriques, et que ça serait lié ?”

OUI ! Ça peut sembler fou, mais oui !

Personnellement, j’en ai fait l’expérience tout à fait concrète : pendant une période de ma vie, j’ai eu des ballonnements à chaque aliment ingéré -symptômes que j’ai trainés pendant des années malgré une excellente hygiène de vie- et je m’étais quasiment résignée à ce que ça soit comme ça.
À ma grande surprise, tout a changé au moment de ma vie où j’ai entrepris un travail en profondeur sur la zone du cou avec la méthode MDB, cette gymnastique sensorielle qui permet de mobiliser les fascias et, de ce fait, de faire un travail très fin de détente des tensions et de libération des tissus figés.

Au début j’étais perplexe ! Je ne comprenais pas du tout le lien entre mon cou et ma digestion !

Et puis plein d’éléments de mon parcours déjà conséquent dans le domaine des pratiques somatiques se sont assemblés. Ça a fait TILT et ça a été fort en prise de conscience d’un point de vue de ma relation à moi-même et d’un point de vue de ma trajectoire en tant que pédagogue somatique.

🔔spoiler alert❗
J’ai réalisé que mes problèmes digestifs ne venait ni des aliments, ni d’une déficience d’un de mes organes digestif, ça c’était des conséquences, pas la cause !
La cause de ces troubles pénibles, c’était l’état de mon système nerveux et, en particulier, de mon système nerveux autonome. Ce complexe sympathique et parasympathique gère toutes les fonctions vitales, dont la digestion.

Alors j’ai changé mon sujet d’attention au quotidien.
Au lieu de focaliser sur quoi manger pour tenter d’avoir la digestion la moins mauvaise possible, j’ai commencé à observer mon système nerveux.

Bon je fais une parenthèse ici, pour vous dire qu’en parallèle hé bien ça a été l’occasion de découvrir que j’étais bien peu outillée pour savoir concrètement quoi observer !
Comment on fait pour observer son propre système nerveux ? Comment on sait si notre système nerveux autonome est équilibré ou pas ? Concrètement c’est quoi “sentir” son système nerveux ? Vu que le système nerveux autonome est un système inconscient, comment puis-je le percevoir, le sentir, le comprendre ?
Aha … J’ai senti que je touchais là un chantier d’exploration qui allait me passionner !


Et effectivement, depuis cette époque je n’ai pas cessé de l’étudier, sous plein d’angles et d’approches différentes ! Ça a modifié ma façon de voir les pratiques somatiques, de pratiquer pour moi, de transmettre aux autres. Ça a impulsé une direction, que je n’avais pas du tout prévue, à ma vie professionnelle !

Je referme cette parenthèse et je reviens à notre cou et au pourquoi du comment !

– Pourquoi est-ce une zone qui a eu tant d’impact sur mes incompréhensibles problèmes de ballonnements ?
– Et pourquoi est-ce que tout cela a à voir, en fin de compte, avec le système nerveux autonome ?

💀🤓 Un petit peu d’anatomie pour comprendre et visualiser ce si beau et mystérieux fonctionnement de notre corps :

Les nerfs qui forment le système nerveux autonome (SNA) naissent du système nerveux central dans le cerveau, sortent du crâne et descendent vers le tronc,  où ils rejoignent les plexus, les organes et les glandes qu’ils animent et régulent.
La branche sympathique y descend en empruntant le passage offert par la colonne vertébrale (dans la moelle épinière). Au niveau du cou, les nerfs sympathiques circulent donc dans la colonne cervicale.
La branche para-sympathique (le nerf vague et ses multiples ramifications) passe par un autre chemin : à sa sortie du crâne, les nerfs traversent les tissus du cou, qui sont fait de différentes couches de muscles et de fascias.

– Mais du crâne part également le nerf phrénique. C’est le nerf qui innerve le diaphragme, le muscle de la respiration. Au niveau du cou, il circule lui aussi à travers les couches de muscles et de fascias.

Si nos vertèbres cervicales et les articulations crâniennes sont bien libres et mobiles
Si les différentes épaisseurs de muscles et les nappes de fascias sont à leur juste tonus, alors le passage des nerfs du crâne vers le thorax se passe bien.

Mais si ce n’est pas le cas ?

⚡Alors le risque est grand pour que ces tensions et contractures compriment, pincent ou étirent les nerfs qui les traversent.
⚡Et lorsqu’un nerf est malmené, ce n’est pas au niveau du nerf lui-même qu’on ressent le problème, mais dans le territoire dont il a la charge.  


👉🏼Si le nerf commande un organe (comme c’est le cas des nerfs du SNA) c’est l’organe qui sera perturbé . Par exemple l’estomac, qui peut alors se mettre à sécréter trop d’acide ou au contraire pas assez. Ou l’intestin qui se retrouve sans tonus ou au contraire spasmé, ce qui favorise des gaz dus aux fermentations, une accélération ou au contraire une paresse du transit…

👉🏼Si le nerf commande un muscle, c’est le muscle en question qui sera alors spasmé ou douloureux ou même paralysé.

👉🏼En l’occurrence ici, on parle quand même du nerf qui innerve le muscle diaphragmatique !
Imaginons alors un instant ce muscle, le diaphragme, muscle principal de la respiration, tendu et dans l’impossibilité de se détendre. Quelles conséquences ? Comment vont se trouver les organes au-dessus et au-dessous s’il est contracté en permanence ?

👉🏼 Et si on ajoute un élément supplémentaire ici : lors de leur parcours respectif, les nerfs sympathiques et parasympathiques traversent le diaphragme !
Que va-t-il se passer pour eux si le diaphragme est tendu ?


Pour résumer
Oui, les tensions de la nuque peuvent donc avoir un impact puissant sur le système nerveux autonome et sur les organes et fonctions qui en dépendent :

– Directement au niveau du cou sur les portions des nerfs sympathiques et parasympathiques qui y circulent.
– Directement au niveau du cou sur le nerf phrénique, en causant une tension permanente du diaphragme et donc une gêne des organes qui sont juste au dessus et juste au-dessous.
– Indirectement parce que la tension permanente du diaphragme est possiblement une source de perturbation des nerfs sympathiques et parasympathiques lors de leurs passages respectifs à travers ce grand muscle.


Ça va ? Je ne t’ai pas perdue ?
Ça en fait des éléments à emboiter les uns avec les autres !
C’est absolument normal de ne pas tout saisir du premier coup. Prends ton temps. Défocalise ton attention de la lecture. Reviens-y un peu plus tard. Ça va faire son chemin entre le concept et le senti.

Une chose que je voudrai ajouter très succinctement, parce que ça mériterait en réalité un article à part entière (plusieurs tant c’est complexe), c’est la difficulté qu’on peut avoir à percevoir nos tensions. Il y a différents mécanismes à l’oeuvre qui floutent leur perception. Et, pour la région dont il est question dans cet article, cou-nuque-tête (ça englobe le visage, la bouche, langue, mâchoire, les yeux) beaucoup de nos mécanismes de tensions sont liés à notre enfance. Donc on est extrêmement habituées à vivre avec. On s’y est même identifiées, en partie. C’est notre “normalité” à nous. Ça prend nécessairement du temps de faire évoluer nos capacités proprioceptives des différentes régions de notre corps, et encore plus pour celle-ci, je crois.

On va donc aller rencontrer notre matière et tout ce qui s’y raconte avec cette conscience des arrières plans. Avec curiosité. Avec patience. Avec respect. Avec bienveillance.
C’est ça l’approche somatique !

Et d’ailleurs si ça t’intéresse, tu peux nous rejoindre pour pratiquer dans cet état d’esprit : tous les mardi midi à lieu un atelier, accessible aussi en replay. Ce sont nos ateliers “Routines d’auto-soin”.

Marie Pénélope Péres

Author Marie Pénélope Péres

Responsable Pédagogie et auteureRetrouvez tous les enseignements de Marie Pénélope Péres sur Rites de femmes, son l'école de self-help. Découvrir les formations S’abonner à la newsletter

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